Le numérique : 4% de votre CA!

Les entreprises suisses investissent encore de manière prudente dans le numérique, alors même que l’environnement national est structurellement favorable et que les écarts sectoriels se creusent. Les données 2024–2026 montrent un décalage persistant entre ambitions stratégiques et maturité réelle, en particulier dans les PME. Dans ce contexte, un effort d’investissement situé entre 3 % et 5 % du chiffre d’affaires constitue un ordre de grandeur cohérent pour les entreprises qui visent une position médiane ou supérieure dans leur secteur, sous réserve d’un pilotage rigoureux et d’un alignement stratégique clair  .

Les travaux récents soulignent que l’adoption des technologies numériques avancées reste inégale. Les petites entreprises accusent un retard marqué dans l’usage du big data et de l’intelligence artificielle, tandis que la part des investissements TIC dans l’investissement total des entreprises suisses est restée stable ces dernières années. Cette stabilité suggère que la transformation ne s’est pas traduite par une explosion des budgets matériels, mais davantage par des ajustements progressifs et des efforts en compétences  .

Parallèlement, la Confédération a consolidé le cadre stratégique national à l’horizon 2026, avec un suivi renforcé de la compétitivité numérique, des infrastructures et des compétences. L’amélioration des indicateurs nationaux, notamment en matière de connectivité et de positionnement international, crée un environnement propice à l’investissement privé. Toutefois, ce contexte favorable ne garantit pas une diffusion homogène au sein du tissu économique, dominé par les PME.

Les benchmarks internationaux publiés en 2026 confirment que le secteur d’activité demeure le déterminant principal du niveau de dépense IT. Dans les services financiers, les dépenses IT se situent entre environ 4.4% et 11.4% du chiffre d’affaires entre le 25e et le 75e percentile. Dans l’industrie manufacturière discrète, elles varient plutôt entre 1.4% et 3.2%. Les distributions étant asymétriques, les percentiles constituent un repère plus pertinent que les moyennes .

Les observatoires de maturité numérique et IA publiés à partir de 2024 indiquent qu’une part significative des entreprises suisses se situe encore à un niveau faible ou intermédiaire. Moins d’un tiers des organisations disposent de solutions d’IA en production et seule une minorité a formalisé une stratégie IA. En outre, la majorité consacre moins de 5% de son budget IT à l’IA, ce qui limite l’impact transformationnel potentiel.

Ces éléments convergent vers une conclusion opérationnelle. Pour de nombreuses PME suisses, viser un niveau d’investissement numérique supérieur à la médiane sectorielle peut constituer un levier de différenciation. Néanmoins, le volume de dépense n’est pas déterminant en soi. Les études récentes insistent sur la gouvernance des investissements, l’alignement stratégique, la qualité des données et le développement des compétences comme conditions nécessaires à la conversion des budgets IT en gains de productivité et en croissance durable  .

En synthèse, l’ordre de grandeur de 3% à 5% du chiffre d’affaires consacré à l’IT et à la transformation numérique est compatible avec les données les plus récentes pour une entreprise suisse visant une position compétitive. Cet intervalle doit toutefois être ajusté en fonction du secteur, de la taille, de la trajectoire stratégique et du niveau de maturité existant.

Quelques références:

https://arxiv.org/pdf/2412.12784.pdf

https://kof.ethz.ch/en/publications/kof-insights/articles/2025/02/digital-technology-are-small-firms-being-left-behind.html

https://digital.swiss/userdata/uploads/en-monitoringbericht-strategie-dch-2024.pdf

https://www.kmu.admin.ch/kmu/en/home/facts-and-trends/digitization.html

https://avasant.com/what-we-do/benchmarking/it-spending

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