Catégorie : Management

  • L’avantage invisible

    Et si votre principal avantage compétitif se trouvait… dans un endroit que votre entreprise ne regarde presque jamais ? Les universités produisent l’essentiel de la connaissance de pointe sur l’IA, l’énergie, la santé ou encore les politiques publiques, mais cette expertise arrive rarement directement sur la table des directions d’entreprises.

    Pendant que les entreprises américaines dépensent plus de 400 milliards de dollars par an en conseil en management, la part captée par le monde académique reste microscopique : autour de 0.6%, si l’on prend le Royaume‑Uni comme référence. Ce fossé entre la connaissance disponible et celle réellement mobilisée par les organisations, Nature le décrit comme une opportunité manquée majeure, à la fois pour les universités en quête de nouveaux modèles économiques, et pour les entreprises à la recherche de nouvelles sources d’avantage stratégique.

    Le conseil (consulting) académique, c’est précisément le pont entre ces deux mondes : des interventions ciblées de chercheurs pour éclairer une décision technologique critique, challenger une feuille de route d’innovation ou analyser un risque systémique avec une profondeur scientifique que les grands cabinets n’ont pas vocation à apporter. Les données montrent d’ailleurs un virage qualitatif net : au Royaume‑Uni, le nombre de contrats a chuté d’environ 38% en dix ans, tandis que la valeur moyenne des missions augmentait fortement, signe d’un basculement vers des interventions à très haute valeur ajoutée.​

    Pour les dirigeants, l’enjeu n’est pas de remplacer le conseil traditionnel, mais de lui adjoindre un outil différent pour des besoins différents : là où les cabinets excellent dans l’exécution et le déploiement à grande échelle, le monde académique apporte rigueur scientifique, accès direct à l’état de l’art et regard véritablement indépendant sur les problèmes pour lesquels les « best practices » n’existent pas encore. L’exemple de l’Université de Southampton, qui a transformé des outils de recherche open source en plus de 600’000 livres de revenus en conseillant sur des systèmes ferroviaires critiques, illustre à quel point la théorie peut impacter directement les comptes de pertes et profits.

    Nous sommes à un moment charnière : les universités, sous pression financière et politique, cherchent à diversifier leurs revenus et à démontrer leur impact, tandis que les cabinets privés investissent déjà l’espace laissé vacant entre science et décision business. La question n’est donc plus « pourquoi s’y intéresser ? », mais « comment structurer, dès maintenant, un accès systématique à ce réservoir d’expertise ». C’est précisément ce que ce podcast va explorer : comment transformer la connaissance la plus pointue au monde en véritable avantage stratégique pour votre entreprise.

    Podcast

    Sources

    https://www.nature.com/immersive/d41586-025-03086-5/index.html

    https://www.nature.com/articles/d41586-025-04104-2

    https://www.nature.com/nature/volumes/645/issues/8082

    https://www.henleyglobal.com/publications/global-mobility-report/2024-july/stricter-visa-rules-limit-choices-international-students

    https://www.nature.com/articles/d41586-025-03065-w

    https://aiandacademia.substack.com/p/ai-and-higher-education-in-2025

    https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC11928060/

  • Tous CEO de Moi SA ?

    Arrêtons de faire de la génération Z un bouc émissaire. Elle n’est probablement qu’une onde successive du tsunami des libertés individuelles amorcé après la Seconde Guerre mondiale.

    Ce modèle de société, fondé sur l’autonomie et la responsabilité individuelle, génère des tensions réelles. Elles se manifestent clairement dans les organisations, y compris chez tebicom SA. Cette orientation vers la liberté m’est précieuse et je souhaite qu’elle perdure. Elle me paraît préférable aux approches plus autoritaires aujourd’hui remises en avant par certains courants politiques d’extrême droite (MAGA…) ou économiques dominants (les milliardaires).

    Partant de ce constat, mon objectif n’est pas de dénoncer, mais de comprendre et d’améliorer.

    Cet article présente une première étape de mes recherches sur ce sujet, avec un focus particulier sur les implications managériales.

    Nous vivons une rupture sociologique profonde qui redéfinit le contrat implicite entre les organisations et leurs collaborateurs. Elle résulte de transformations culturelles et sociales de long terme.

    Pendant des décennies, le modèle dominant reposait sur des trajectoires prescrites, des hiérarchies stables et des rôles clairement définis. L’individu n’était pas gestionnaire de sa propre vie. Les structures décidaient pour lui. La famille, l’église, l’état, l’entreprise. La liberté individuelle restait largement réservée à une minorité.

    Un basculement s’opère progressivement après la Seconde Guerre mondiale, notamment avec la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. L’individu devient libre, donc responsable : il est supposé piloter sa propre existence.

    Les générations successives n’ont fait qu’amplifier ce mouvement. Aujourd’hui, cette culture de l’autonomie individuelle est largement diffusée, bien au-delà des plus jeunes.

    Cette forme d’entrepreneurialisme du soi produit des effets positifs, tant sur le plan individuel que sociétal. Mais elle révèle aussi une fragilité majeure. Beaucoup de personnes n’ont jamais été réellement ni éduquées, ni formées à gérer leur propre autonomie. Ni à structurer leurs choix, ni à assumer durablement leurs responsabilités. En pratique, « Moi SA » reste souvent une organisation mal gouvernée.

    Dans les entreprises, le capital humain réclame davantage de liberté et d’autonomie depuis des années. Pourtant, une part significative des collaborateurs, toutes générations confondues, peine déjà à gérer son propre équilibre personnel. La transposition à l’équipe et à l’entreprise devient alors complexe… et c’est un euphémisme 😅

    Chez tebicom, nous nous posons deux questions fondamentales :

    1. Le rôle du manager doit-il évoluer vers une fonction explicite de formation et de coaching du savoir-vivre des collaborateurs, afin que l’autonomie accordée devienne une autonomie réelle, maîtrisée et assumée ?
    2. Comment déterminer les personnes réellement matures et autonomes lors du recrutement ?

    Pour moi, il est maintenant très clair que l’holacratie, tout comme n’importe quel autre modèle de gouvernance, nécessite deux fondations sans lesquelles elle ne pourra pas apporter de la valeur à l’entreprise :

    1. Des leaders disposant de compétences solides en leadership et en management.
    2. Des collaborateurs autonomes et matures.

    🎬 La vidéo en couverture approfondit ce nouveau paradigme, sur la base de mes dernières recherches.

  • Technologie Calme

    Dans la continuité de mes recherches sur la disparition progressive de l’informatique visible, je partage aujourd’hui un point clé de cette évolution : des informations délivrées de manière ciblée et contextuelle (notifications, push). L’objectif est de réduire l’effort cognitif en apportant uniquement ce qui est pertinent au moment où l’utilisateur en a besoin.

    J’expose ce principe, basée sur différents articles pas forcément très récents, dans la vidéo ci-dessous.

    Du côté tebicom SA, nous proposerons très prochainement une solution destinée aux entreprises allant dans le sens de cette vision de l’informatique.